Demain en vues : sept œuvres portées par la jeune génération à l’honneur pour la deuxième édition

Unifrance et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ont dévoilé ce jeudi 24 septembre les lauréats du label 2026-2027. Deux longs-métrages, trois courts, une série et un documentaire seront accompagnés à l’international.

Sept œuvres françaises, sept regards de jeunes créateurs sur un monde qui vacille. Unifrance, avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a annoncé les lauréats de la deuxième édition de Demain en vues, un label lancé en 2025 pour mettre en lumière la création d’une nouvelle génération d’artistes.


Un label pour la circulation internationale des œuvres

Demain en vues distingue des œuvres françaises récentes, tous formats et tous genres confondus : longs et courts-métrages, séries ou unitaires de fiction, documentaires, animation. Elles ont en commun de porter un regard singulier sur les mutations sociales, sociétales, environnementales, politiques et artistiques de notre époque. L’objectif du label est de favoriser leur circulation à l’étranger, d’accroître leur visibilité dans les festivals et les marchés, et de soutenir les auteurs et autrices émergents dans la suite de leur parcours. Le réseau culturel français à l’étranger est mobilisé dans cette démarche.


Un jury de moins de 35 ans

La sélection a été arrêtée par un jury composé de personnalités de moins de 35 ans issues du monde des arts et de la culture : le créateur de mode Peet Dullaert, l’écrivaine Salma El Moumni (autrice d’Adieu Tanger), le réalisateur Martin Jauvat, la photographe documentaire Mathilde Mazars, et la réalisatrice et artiste plasticienne Aliha Thalien. Cette édition est placée sous le signe de la résistance et de l’émancipation. Les œuvres retenues interrogent une même question : comment continuer à vivre et à espérer quand les systèmes politiques, économiques, sociaux et environnementaux vacillent ? Leurs personnages affrontent la violence de la société et cherchent leur chemin.


Les lauréats

Longs-métrages

  • Congo Boy, de Rafiki Fariala (fiction, produit par Unité, Kiripifilms, Karta Films et Makongo Films ; ventes internationales : The Party Film Sales). Salma El Moumni salue l’histoire d’un personnage contraint de taire ses origines, « une dualité extraordinaire » qui devient une métaphore de ce que l’on cache de soi.
  • Jim Queen, de Marco Nguyen et Nicolas Athané (fiction et animation, produit par Bobbypills ; ventes internationales : Film Constellation). Pour Peet Dullaert, le film fait « une utilisation audacieuse et très originale de l’animation et de la satire » pour raconter l’identité, l’appartenance et les codes sociaux dans un univers drôle et contemporain.

Courts-métrages

  • Faux bijoux, de Jessy Moussallem (fiction, produit par Vixens ; ventes internationales : Salaud Morisset). Le film pose la question du prix à payer pour une jeunesse qui rêve d’un avenir meilleur ailleurs. Selon Salma El Moumni, c’est « quelque chose que l’on paye avec son corps », et le film évoque en filigrane les violences Nord-Sud.
  • Sulaimani, de Vinnie Ann Bose (fiction et animation, produit par Girelle Production et Les Astronautes ; ventes internationales : Pentacle Productions). Mathilde Mazars y voit une réflexion sur l’exil et sur ce qui nous ramène à notre culture et à notre identité, en écho aux routes migratoires du monde actuel.
  • Le Tandem, d’Edgar Allender (fiction, produit par Dick Laurent et Pictanovo ; ventes internationales : Fløw). Martin Jauvat y trouve un retour aux sources du citadin, motif classique transfiguré par « une justesse, une pudeur, une interprétation, une sensibilité bouleversantes ».

Série

  • Phœnix, créée par Louis Aubert et Matthieu Bernard, réalisée par Franck Brett (fiction, produite par Les Films du Cygne et Storia Television ; ventes internationales : Mediawan Rights). Entre film choral, thriller, comédie et action, la série interroge, selon Martin Jauvat, la manière de « s’engager politiquement pour faire changer les choses » face à l’inaction des pouvoirs en place.

Documentaire

  • Le Cordon, de Nolwenn Hervé (produit et vendu à l’international par Grande Ourse Films). Entre reportage et documentaire de création, le film suit une mère de famille qui tient une sorte de planning familial au Venezuela et aide des femmes à mener leur grossesse à terme dans un système hospitalier défaillant. Aliha Thalien la décrit comme à la fois héroïne et anti-héroïne.

Une promotion ciblée à l’étranger
Tout au long de l’année à venir, les œuvres labellisées bénéficieront d’une promotion ciblée à l’étranger via les canaux d’Unifrance et du réseau diplomatique français : site, réseaux sociaux, festivals partenaires. Le label est soutenu par les mécènes du Fonds de dotation Unifrance : Accor (grand mécène), BNP Paribas et Maison Pommery & Associés. Unifrance est l’organisme chargé de la promotion du cinéma et de l’audiovisuel français à l’international. Forte de plus de 70 ans d’expérience, l’association œuvre à la diffusion mondiale des productions françaises et à la mise en relation des professionnels du secteur. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pilote l’action extérieure de la France. Il soutient la culture comme levier de rayonnement international, avec une attention particulière à la diffusion d’une création française contemporaine, responsable, inclusive et tournée vers les enjeux de demain.