[Interview] Sophie Guillemin : « Le courage, c’est dépasser ses peurs »
Nominée aux César à 20 ans pour son premier rôle dans L’Ennui de Cédric Kahn, Sophie Guillemin a traversé les décennies et les écrans avec une lucidité rare sur son métier. Actrice, photographe, réalisatrice — elle qui voulait être écrivaine a finalement tout fait à la fois. Après une longue traversée du désert et un retour remarqué grâce à Robin Campillo dans L’Île rouge en 2023, elle revient sur les planches pour la première fois depuis quinze ans. On la retrouve au Théâtre de l’Atelier dans La Fin du courage, adaptation de l’essai éponyme de la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury, mis en scène par Jacques Vincey. À travers quatre actes, deux femmes se rencontrent, se jaugent et s’interpellent sur leurs manquements, leurs failles et leur volonté de continuer coûte que coûte : d’un côté une auteure, de l’autre une journaliste — deux manières de négocier avec le monde, deux manières de faire œuvre. Six duos d’actrices se relaient pour porter ce dialogue vivant, profond et empreint d’humour, qui interroge ce que signifie « tenir » dans un monde en tension. Sophie Guillemin y interprète la journaliste, aux côtés d’Emmanuelle Béart jusqu’au 8 février, d’Isabelle Carré du 11 au 22 février, puis de Lubna Azabal jusqu’au 27 février. Un mot qu’elle incarne autant qu’elle le joue.
Vous avez fait du cinéma presque par hasard, au détour d’un casting qui vous a valu un rôle principal et une nomination aux César comme meilleur espoir à 20 ans. Quel autre chemin auriez-vous pu emprunter ?
Quand j’étais petite, je voulais être écrivaine, raconter des histoires. Adolescente, j’aurais voulu être photoreporter, parce que j’adore l’image, la photo. J’en fais depuis toujours — à l’époque, je faisais poser mes copains, mes proches. J’ai même monté une expo en 2018 avec des amis acteurs et actrices que j’avais mis en scène. Ce sont deux passions qui m’habitent encore : raconter des histoires et travailler l’image. Quand j’ai découvert le cinéma à 19 ans, j’ai réalisé que c’était les deux à la fois — on raconte des histoires par l’image. Sur le tournage de Cédric Kahn, pour L’Ennui, même si j’étais ravie d’être actrice, c’est sa position de réalisateur qui me fascinait. Pour moi, c’est ce qu’il y a de plus magique : on crée une histoire en la racontant à travers l’image, la musique, l’humain, le costume, le maquillage. J’adore cet assemblage d’éléments.
Qu’auriez-vous aimé savoir, à vos débuts, sur cette industrie ?
Bizarrement, et je ne me l’explique pas moi-même, j’ai été hyper lucide sur tout ça dès le départ. Je suis quelqu’un de très contemplatif, très observatrice — l’humain me passionne depuis toujours, c’est d’ailleurs pour ça que je voulais écrire des livres. C’est quand on s’intéresse à l’humain qu’on a envie de raconter des histoires. Et donc, malgré toute ma jeunesse et mon innocence — je ne connaissais absolument personne dans le milieu —, j’ai tout de suite perçu les petites failles : le snobisme, l’hypocrisie, le lèche-botte. Je pense que venir d’un milieu ordinaire a rendu ces comportements encore plus visibles. Sur le moment, dans ma fougue de jeunesse, je détestais ça. Je détestais voir les gens changer de comportement selon à qui ils parlaient. Maintenant, avec le recul, je le comprends mieux, je l’accepte mieux. Ce métier est tellement aléatoire, tellement fragile — je comprends que ça puisse provoquer cette anxiété permanente de devoir travailler, d’être aimé. Ce qui génère tout le reste : la flatterie, l’hypocrisie, le fait de ne parler qu’aux gens intéressants. Quand je vois ce genre de comportement aujourd’hui, je me calme. Je me dis que ce n’est pas grave, ça fait partie du milieu.
Avez-vous l’impression que le métier a changé, notamment depuis MeToo ?
J’ai été très protégée de ça, j’ai eu beaucoup de chance. Jamais ce genre de comportement envers moi. Peut-être parce que j’avais un truc de distance, de ne pas être naïve. Comme n’importe quel prédateur, ces hommes sentent à qui ils peuvent s’en prendre. C’est ce que j’ai toujours dit à ma fille quand elle avait des conflits dans la cour de récré : ne sois pas la biche à la patte cassée, parce que la vie, c’est la jungle. Si tu montres ta faiblesse, le lion te mange. Cela dit, je suis certaine à 100% que ça existait déjà à mes débuts. Les comportements déplacés existent dans la vraie vie — il n’y a aucune raison que le cinéma en soit exempt, bien au contraire. Ce que je vois comme différence aujourd’hui, c’est qu’on en parle. Et à partir du moment où c’est dit, une chape de plomb se lève. Maintenant, avant chaque tournage de cinéma — pas encore pour la télé, ce que je trouve bizarre —, on fait des formations de prévention et de lutte contre les violences et le harcèlement sexuels et sexistes. Pendant deux ou trois heures, on est tous ensemble, on aborde des cas concrets, la formatrice nous demande comment on réagirait, on interagit. C’est vraiment bien. Il m’est arrivé d’entendre des seniors dire « on ne peut plus rien dire » — mais c’était vraiment des hommes de plus de 70 ans, et encore, on sentait qu’ils en jouaient, que c’était un peu de la provoc’. Honnêtement, c’est très rare. Les autres, même les quinquagénaires, je les sens sincèrement sensibles à ce sujet. Au-delà de la crainte d’être sanctionnés, c’est une vraie révélation pour eux — un « ah ouais, en fait, c’était comme ça ? ». Et il y a de plus en plus de femmes sur les tournages, ce qui change aussi les choses.
Vous avez tourné dans Je le jure, de Samuel Theis, qui a dû faire face à une accusation en cours de tournage. Comment avez-vous vécu ça ?
Ce n’était pas très agréable. Je suis arrivée au milieu du tournage — il restait trois semaines, toute la partie au tribunal. Je commençais à tourner un mardi. L’incident s’était produit le vendredi juste avant, et il n’avait pas encore éclaté. Personne n’était au courant, à part Samuel et le technicien concerné, qui était parti le lundi. J’arrive le mardi, et je sentais que Samuel n’était pas vraiment là, qu’il ne me dirigeait pas. Je ne comprenais pas. Et l’affaire a éclaté le surlendemain. Tout s’est arrêté. C’était d’autant plus difficile que je me faisais une joie de travailler avec lui sur un rôle pas évident — j’avais un monologue de dix minutes pour mon réquisitoire final. C’était aussi un tournage particulier, avec beaucoup de non-professionnels, qui sont toujours géniaux dans ces configurations. Et puis c’était triste, parce qu’on voyait ce réalisateur dans son élan, son dynamisme, et tout d’un coup, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Nous, on ne pouvait pas avoir d’avis. Je ne connaissais même pas le technicien qui avait porté plainte — il était parti la veille de mon arrivée. On ne sait pas ce qui s’est passé. C’est hyper compliqué.

Comment doit-on réagir dans ces cas-là ?
Je suis pour la présomption d’innocence. Je suis qui pour juger ? Samuel, je ne le connais pas — c’était la première fois qu’on travaillait ensemble. Le technicien, je ne l’avais jamais rencontré de ma vie. Je n’étais pas là le soir des faits. Je ne vois pas comment j’aurais pu prendre position. Et en plus, à ce moment-là, il n’y avait même pas encore de dépôt de plainte.
Parmi toutes vos collaborations, y en a-t-il une qui vous a particulièrement marquée, humainement ou artistiquement ?
Je viens de tourner avec Jodie Foster dans Vie privée — autant dire qu’elle m’a marquée. C’est à la fois une femme d’une simplicité totale — on ne se connaissait pas, on s’est rencontrées, on a commencé à parler à bâtons rompus, sans aucun mur — et quelqu’un qui dégage une aura absolument folle, quelque chose de très lumineux, très fort. Jouer avec elle était une leçon sans pareille. C’était beaucoup trop court. J’aurais aimé que ça dure l’éternité (rire).
Qu’avez-vous appris à son contact ?
Ce qui m’a fascinée, c’est qu’elle joue une psychiatre hyper rigide, hyper autoritaire, un peu froide — et elle amenait tout ça dans le jeu. Dans une scène où elle est hypnotisée, les yeux fermés, pendant presque quinze minutes, je la voyais pleurer. Et elle l’a fait à chaque prise. Ce qui m’a marquée, c’est d’arriver avec autant de retenue, ce côté tenu et froid, et d’aller chercher une émotion aussi spontanément. Il y a deux types d’acteurs : ceux qui sont pudiques dans leurs émotions, dont je fais partie, et ceux qui accèdent aux larmes très facilement. En France, des actrices comme Clémentine Célarié ou Isabelle Carré — des femmes avec qui j’ai travaillé — ont ce don qui me fascine. Je pensais que Jodie Foster était plutôt du premier côté. Mais elle est arrivée dans sa froideur et elle est allée quand même chercher cette émotion facilement. Chapeau.
Et vous, comment faites-vous pour pleurer ?
C’est un peu une torture, parce que je suis hyper pudique dans la vie. Et je n’aime pas trop tricher avec de fausses larmes. C’est assez mystérieux comme mécanique : dans un film avec Sandrine Veysset, Les Malvenus, il y a eu une scène où je n’étais pas censée pleurer, et je me suis mise à pleurer sans savoir pourquoi. Des fois, ça vient, c’est mystérieux. D’autres fois, on me dit « allez, pleure ! » et rien ne vient. Des fois, à force de me triturer le cerveau, ça finit par marcher. D’autres fois, non. On peut toujours tricher avec de fausses larmes, mais pour moi, les émotions restent quelque chose de très mystérieux.

Quel est le rôle dont vous êtes la plus fière ?
Je pense que c’est L’Ennui. C’est mon premier film, et je crois que je n’ai pas retrouvé depuis un rôle aussi profond et complexe. C’est une femme qui paraît hyper simple, mais qui ne l’est pas du tout — avec des nuances qu’on trouve rarement dans l’écriture. Les personnages vraiment multi-dimensionnels sont rares. Souvent, on est soit la fille joyeuse, soit la fille malheureuse. Là, c’était autre chose. L’autre rôle où je me suis vraiment éclatée, c’est dans Juliette au printemps. Ce qui me plaît, c’est l’évolution du personnage : au départ, je suis sous l’eau, à bout, limite en dépression. Et à la fin, je m’émancipe — de ma vie de mère, de femme, du rôle qu’on m’a assigné — et je prends mon envol vers l’indépendance. Et puis il y avait des scènes avec l’amant dans la serre à mourir de rire.
Un rôle que vous rêvez d’incarner ?
J’aimerais bien jouer une tueuse en série. Il y a longtemps, Nicolas Boukhrief nous avait proposé, à Gad Elmaleh et moi, une comédie douce-amère où on jouait deux serial killers dans le même immeuble qui s’ignoraient, tuaient chacun de leur côté, entraient presque en concurrence, et finissaient par tomber amoureux et former un couple. C’était génial. Il y a des projets comme ça qui ne se font jamais, et on ne sait pas pourquoi. J’aimerais aussi beaucoup jouer dans un grand film d’amour. On n’en fait plus assez. Avant, il y avait des histoires d’amour dans quasiment tous les films. Aujourd’hui, quand on parle d’amour au cinéma, c’est souvent le divorce et la garde des enfants. Je trouve ça un peu déprimant.
Vous marchez uniquement au scénario ?
Oui, uniquement. Si quelqu’un n’a jamais rien réalisé mais que le scénario m’emballe, j’y vais. À l’inverse, des réalisateurs bien installés dont le scénario ne me parlait pas, ça m’est arrivé de décliner. Si l’histoire ne m’emmène pas, ça ne suffit pas. Ce n’est pas qu’une rencontre entre humains — on fait quand même une histoire ensemble. D’ailleurs, je ne regarde en général pas les films précédents des réalisateurs avec lesquels je travaille, parce que j’ai peur de ne pas les aimer et de partir avec un a priori négatif. Je préfère qu’on soit vierges l’un de l’autre sur un nouveau projet. J’aime bien ça.
Après tant d’années devant la caméra, qu’est-ce qui vous a donné envie de passer derrière ?
Depuis L’Ennui, en fait. Quand j’ai vu Cédric Kahn derrière la caméra, je me suis dit : c’est ça que je veux faire. C’est lui qui décide de tout. Et moi aussi, je voulais décider de tout (rires). Après, j’ai mis très longtemps avant de m’y mettre vraiment : vingt-cinq ans. J’avais écrit deux ou trois courts-métrages, mais je n’étais jamais allée au bout. Ce qui a tout déclenché, c’est ma traversée du désert. J’ai arrêté le cinéma deux fois, cinq ans chacune. La première fois, le retour a été immédiat, les doigts dans le nez. La deuxième fois, je me suis heurtée à un vrai changement de paradigme. Tout avait changé en cinq ans — les visages, les codes, les références. C’était presque un autre univers. Et là, galère totale. Pendant presque dix ans, je n’ai plus eu de propositions. C’est Robin Campillo qui m’a fait revenir, avec L’Île rouge en 2023. Pendant tout ce temps, je me suis dit : c’est le moment, Sophie. Tu vas te mettre à écrire, tu vas profiter de ce moment creux. Je me suis formée, j’ai lu énormément. Je suis un peu monomaniaque — quand je commence quelque chose, je ne peux faire que ça. Mon gourou personnel, c’est Robert McKee avec son livre Story, un guide d’écriture scénaristique que j’ai lu une bonne centaine de fois. Et j’ai écrit, écrit, écrit. Mon long-métrage, je l’ai fait de façon totalement indépendante, à l’arrache — le scénario n’était même pas écrit au départ. Je me suis mariée en 2018 avec l’acteur Thierry Godard. On est partis à Saint-Pétersbourg pour une sorte de lune de miel, j’avais mon appareil photo qui filmait, et je me suis mise à le filmer dans les rues, sans scénario, en lui donnant des directions au fur et à mesure : demain tu feras ci, après-demain tu feras ça. Et ça a donné un long-métrage.

Avez-vous envie d’en refaire un ?
Oui, vraiment, mais le contexte en ce moment est très compliqué. J’ai écrit plusieurs scénarios de long-métrage, et pour l’instant, je n’ai jamais réussi à trouver une production, un financement. J’ai compris quelque chose, au bout de tous ces scénarios proposés : les producteurs ne partent pas d’une histoire, ils partent d’un storytelling. Qui est le réalisateur ? S’il est jeune, est-ce qu’il a fait la Fémis ? Est-ce qu’il a eu des prix ? Et le scénario, quelles cases coche-t-il — c’est quoi, comment on le vend ? Ils sont devenus tellement frileux. Ils ont peur.
En attendant, on peut vous voir au théâtre. Vous y revenez après quinze ans d’absence. C’est un territoire qui vous avait manqué ?
Non, parce que je ne viens pas du théâtre, je ne le connais pas. Ça ne pouvait pas me manquer. Depuis longtemps, tout le monde me dit « tu devrais faire du théâtre, tu es faite pour ça ». Mon vrai défi ici, c’est de refaire la même chose tous les soirs. Au cinéma, c’est tellement l’inverse : quand une prise est bonne, on passe à la suite. Après la première, je disais en riant : « Mais elle était bien, cette scène — pourquoi faut-il la refaire ? Vous n’avez pas enregistré ? » (rires).
Comment êtes-vous arrivée sur ce projet ?
C’est mon agent qui m’a proposée aux productrices. Il leur a dit que j’allais tout cartonner, que j’étais leur femme idéale pour le rôle. Sara Suco ne pouvant plus faire partie de la distribution, les productrices, avec qui je m’entends très bien, m’ont demandé si ça me disait de la remplacer. J’ai dit « oui », parce que j’adore ce texte. Je m’éclate dans ce rôle, je prends vraiment mon pied.
Sur les planches, vous donnez la réplique à plusieurs partenaires en alternance — Isabelle Carré, Emmanuelle Béart, Lubna Azabal. Est-ce que cela change votre rapport au texte ?
Je ne peux pas encore vous répondre, parce que je n’ai encore joué avec aucune des deux autres. Je vais répéter avec Isabelle Carré, et c’est là que je verrai en fonction de son énergie, de ce qu’elle amène. Je ne sais pas ce qu’elle va apporter. Et avec Lubna Azabal, ce sera encore complètement autre chose. C’est précisément ça qui me semble génial.

Dans la pièce, vous incarnez une journaliste virulente. Ça fait quoi d’être celle qui pose les questions ?
Dans la vie, je pose beaucoup de questions. Je suis bien plus dans l’écoute que dans le fait de me raconter. Je suis dans l’écoute parce que je suis très curieuse des autres.
Vous êtes pourtant actrice…
Il faut toujours compenser ! Mon petit frère, par exemple, est hyper timide, hyper introverti, et il a choisi comme métier d’être serveur. Ce sont des compensations. On dit souvent que les acteurs sont de grands timides — moi, j’étais très timide adolescente. Je pense que c’est instinctif d’aller compenser sa nature avec son métier.
Avez-vous été confrontée à des journalistes virulents ou malveillants ?
Pas en direct. Je me souviens que lors d’une interview radio, l’animateur m’a cité un journaliste qui avait écrit que je me déplaçais « comme une vache qui pèse » dans L’Ennui. Mais ce qui me lassait davantage, c’est qu’on me ramenait perpétuellement à mon physique — pas méchamment, mais systématiquement. « La callipyge du cinéma français », « Ronde et jolie »… Au bout d’un moment, c’est bon, passez-moi autre chose. D’autant que j’ai toujours eu l’impression d’être normale physiquement. Si on regarde la moyenne en France ou dans le monde, je suis plus normale qu’une femme qui fait du 34. Pour moi, c’est elle qui n’est pas dans la norme. Et puis tous les journalistes disaient à peu près la même chose — c’est du moutonisme. Moi, j’ai ma vie, je sais ce que j’y fais et pourquoi. Je ne me suis jamais sentie dépossédée de quoi que ce soit.
La pièce parle justement de courage. Quelle est votre définition du mot ?
Pour moi, c’est dépasser ses peurs et sortir de sa zone de confort. Un exemple concret : quand on m’a envoyé cette pièce, j’ai commencé à avoir le trac, et ça, six mois à l’avance. Et je me suis dit : tu ne vas pas commencer à t’auto-saboter et à t’enlever le plaisir que tu as envie de prendre de ça. En plus, c’est une pièce qui parle du courage — je ne pouvais pas avoir peur en parlant de courage, c’était impossible. Alors j’ai formaté mon cerveau : non, je n’aurai pas peur, je n’en veux pas. C’est un peu comme un mantra. Si tous les matins vous vous regardez dans le miroir et vous vous dites « je suis belle, je suis puissante », ça vous conditionne. Le cerveau est vraiment puissant.