« Falling Like Leaves » de Misty Wilson : Quand l’automne redéfinit les choix de vie
Dans son nouveau roman jeunesse, Misty Wilson explore les dilemmes de l’adolescence entre ambition, déracinement et amours passés. Une lecture douce-amère, idéale pour les jours de pluie.
L’automne est une saison littéraire à part entière. On y projette la fin des choses, le retour à soi, les souvenirs qui refont surface comme les feuilles mortes sur le trottoir. FALLING LILKE LEAVES, le dernier roman de Misty Wilson, en fait son décor autant que sa métaphore. Avec ce récit initiatique situé entre la ville trépidante de New York et la petite bourgade fictive de Bramble Falls, l’autrice américaine confirme sa capacité à brosser des portraits de jeunes adultes en transition, aussi lucides qu’attachants.
Une héroïne tiraillée
Ellis Mitchell, 17 ans, pensait avoir sa vie bien en main : un stage de rêve à Manhattan, une place en vue dans une grande université, et un avenir urbain, brillant, bien organisé. Mais lorsque ses parents divorcent, elle est contrainte de quitter New York pour s’installer avec sa mère à Bramble Falls, une petite ville du Connecticut où elle passait enfant ses vacances d’été. Là, elle retrouve Cooper, un amour de jeunesse devenu distant, presque étranger.
Ce retour aux sources forcé la confronte à un monde plus lent, plus proche, mais aussi plus sincère. Entre balades sous les érables, festivals locaux et après-midis au café du coin, Ellis découvre une autre version d’elle-même — celle qu’elle avait peut-être oubliée dans sa course vers l’avenir.
La magie discrète des choses simples
Misty Wilson ne révolutionne pas le genre du Young Adult, mais elle en maîtrise parfaitement les codes. Loin des romances adolescentes criardes ou des récits survoltés, elle signe ici une chronique fine et délicate, qui laisse la part belle aux silences, aux doutes, aux non-dits. Ce n’est pas tant l’histoire d’une romance que celle d’un choix : celui de rester fidèle à ce que l’on croyait être, ou d’accepter de changer.
Son écriture, sans esbroufe, mais pleine de sensibilité, fait mouche. Elle capte avec justesse les micro-décalages du retour chez soi, les maladresses des retrouvailles, les tiraillements de l’indépendance à construire. Le tout dans un décor automnal qui ne verse jamais dans le cliché, même s’il en frôle parfois les contours — citrouilles, tartes aux pommes et festival de feuilles obligent.
Un roman d’atmosphère
Le charme de FALLING LILKE LEAVES repose aussi sur son ambiance. À la croisée de GILMORE GIRL et de TO ALL THE BOYS I’VE LOVED BEFORE, le roman distille un esprit “cozy” revendiqué, qui séduira les lecteurs et lectrices en quête de douceur, sans tomber dans la mièvrerie. On y parle de famille, d’amitié, de renoncements, de racines. Et, surtout, du moment précis où l’on comprend que grandir, ce n’est pas simplement aller de l’avant, mais aussi savoir regarder en arrière.