Palmarès de la 2e édition du festival CreaTVty : Retour sur une cérémonie de clôture réussie

Affiche de CreaTVty, 2e édition, dans la ville de Sète - Ambivalent©
Affiche de CreaTVty, 2e édition, dans la ville de Sète - Ambivalent©

Le Théâtre Molière de Sète a vibré, le 15 novembre dernier, sous les applaudissements d’un public conquis lors de la cérémonie de clôture de la deuxième édition du festival CreaTVty. Organisé par Stéphane Caput, cet événement dédié à la création audiovisuelle a réuni professionnels, artistes et cinéphiles autour d’une soirée riche en remises de prix, en discours inspirants et en avant-premières exclusives. Pour la première fois, c’est l’humoriste et réalisatrice Anne Depétrini qui assurait le rôle de maîtresse de cérémonie, apportant une touche d’humour irrévérencieux à cette célébration de la fiction télévisuelle.

Une ouverture pétillante signée Anne Depétrini
Dès les premiers instants, Anne Depétrini a captivé la salle. Présentée par Stéphane Caput comme une figure emblématique de la télévision française – des débuts avec Philippe Gildas et Nathalie Baye à ses succès cinématographiques comme IL RESTE DU JAMBON (plus d’un million d’entrées) et L’ÉCOLE EST FINIE –, l’artiste a confessé avec autodérision son appréhension face à cette mission inédite. « Quand Stéphane m’a demandé d’être maîtresse de cérémonie. Je me suis dit : OK, je vais écrire un petit truc bien senti sur la fiction télé, son importance dans nos vies, le rôle des femmes… Et puis il m’a dit : la scène est à toi pendant 50 minutes, et si tu peux faire un truc entre Valérie Lemercier et Jérôme Commandeur aux César… » a-t-elle lancé, provoquant un éclat de rire général.

Fidèle à elle-même, Anne Depétrini a balayé les craintes d’un numéro burlesque : « Je vais pas danser, faire un sketch ou imiter qui que ce soit – sauf peut-être Jacques Chirac et Dalida, que je tiens bien ! » Elle a ensuite remercié Stéphane Caput avec émotion : « Depuis que je suis petite, je m’entraîne à faire des discours de remerciement pour les Molières, les César, les Oscars… Grâce à toi, je touche un peu mon rêve… ». Un clin d’œil touchant à son parcours, avant que Stéphane Caput ne remercie les partenaires fidèles du festival : l’école ESMA, Ici Hérault, le groupe Transpa, Mercedes, BBLC (assureur), Écran Total, Midi Libre, Canal+, StudioCanal, France Télévisions et Ciné+ OCS, sans oublier UGC qui a permis d’organiser une projection spéciale du film LA BONNE ÉTOILE de Pascal Elbé (président de cette deuxième édition), ainsi que Pathé pour avoir permis la projection de la série MUSSOLINI, L’ENFANT DU SIÈCLE, première série étrangère à être présentée dans ce festival.

Anne Depétrini, maîtresse de cérémonie - Ambivalent©
Anne Depétrini, maîtresse de cérémonie – Ambivalent©

Le discours du maire : un hommage à la persévérance créative
La soirée a pris une tournure plus solennelle avec l’intervention d’Hervé Marquès, maire de Sète. Accueilli sous une ovation, l’élu a rappelé l’engagement de la municipalité : « Cette édition n’aurait pas existé sans votre volonté, Stéphane. C’est votre détermination et votre persévérance qui ont rendu possible cette deuxième édition. ». Le maire a salué l’énergie palpable du théâtre, « une confirmation par rapport à l’ouverture« , et évoqué les thèmes chers au festival : « Vous nous faites rêver et nous échapper tout en traitant des sujets sérieux, comme les violences faites aux femmes – un enjeu que nous aborderons lors de la Semaine de l’égalité la semaine prochaine« . Le maire a conclu sur une note fraternelle : « La connexion à Sète est difficile, mais une fois dans le cœur des Sétois, vous y êtes pour toujours ! »

Stéphane Caput a remercié les services municipaux, les bénévoles chargés de la coordination, de l’accueil, et des réseaux sociaux, les chauffeurs, les attachés de presse, ainsi que les équipes techniques, avec un mot personnel pour son coordinateur de production.

Hervé Marquès, maire de Sète - Ambivalent©
Hervé Marquès, maire de Sète – Ambivalent©

Un palmarès éblouissant : prix et talents en lumière
Le cœur de la soirée a été la remise des prix, orchestrée par un jury prestigieux incluant des figures comme Iris Bucher (productrice de Le Bazar de la charité), Ophélie Kolb, François Liétout (compositeur) et Abdel Raouf Dafri (scénariste). Trois journalistes – Mathilde Allais (programmatrice à Europe 1 et fondatrice du média La Conversation), Éric Libiot (éditorialiste d’Ecran Total) et Sophie Benamon (fondatrice de la newsletter Intervistar) – ont décerné le Prix du jury de la presse à la série DEEP, écrite et réalisée par Aurélien Molas (diffusion Ciné+ OCS), saluant « l’originalité de son concept et de sa réalisation » dans un paysage diversifié d’unitaires et de séries.

Sophie Benamon, remettant le Prix du Jury de la Presse - Ambivalent©
Sophie Benamon, remettant le Prix du Jury de la Presse – Ambivalent©

La surprise est venue du Prix du court-métrage d’animation, remis par Laurent Héritier (directeur d’exploitation du groupe Transpa) et la productrice Iris Bucher. Impressionnés par la qualité des 16 films d’étudiants sélectionnés, les jurés ont décidé d’attribuer trois médailles au lieu d’une :

De gauche à droite, aux côté Laurent Héritier (directeur d’exploitation du groupe Transpa) - Elisa Brousta, Luna Dupas, Camille Ledentu, élèves à l’ESMA Nantes, reçoivent la Médaille de Bronze du court métrage pour VOYOUS - Maxime Arnould récupère la Médaille d’Argent du court métrage au nom de l’ESMA Montpellier pour WISDOM TOOTH - Maxime Arnoud et Adrian Villeda, récupèrent la Médaille d’Or du court métrage pour GONE WRONG, pour l’ESMA Montpellier - Ambivalent©
De gauche à droite, aux côté Laurent Héritier (directeur d’exploitation du groupe Transpa) – Elisa Brousta, Luna Dupas, Camille Ledentu, élèves à l’ESMA Nantes, reçoivent la Médaille de Bronze du court métrage pour VOYOUS – Xavier Arnould récupère la Médaille d’Argent du court métrage au nom de l’ESMA Montpellier pour WISDOM TOOTH – Maxime Arnoud et Adrian Villeda, récupèrent la Médaille d’Or du court métrage pour GONE WRONG, pour l’ESMA Montpellier – Ambivalent©
  • Médaille de bronze : VOYOUS, un « bijou joyeux » sur une fillette conquérant un skate-park, réalisé par Lucie Bagot, Marion Barth, Elisa Broustal, Luna Dupas, Xavier L’Eveque de Vilmorin, Camille Ledentu, Ninon Reboux et Inès Tran, tous élèves de l’ESMA à Nantes. « On est super contentes, on ne s’attendait pas du tout à gagner un prix, on était juste hyper contentes de décrocher des rires dans la salle » a réagi l’équipe une partie de l’équipe.
  • Médaille d’argent : WISDOM TOOTH, un film inspiré des contes, réalisé par Alexandre Schouler Barbetti, Zoé Deleersnyder, Emmanuelle Greze, Emilie Sornin, Pauline Ridel, Raphaël Gimenez, Iris Constantinou, Noa Fanfan et Leina Pons, tous étudiants de l’ESMA Montpellier. Représenté par un camarade de classe de cette promotion, Maxime Arnould, le film a été salué pour sa « maturité étonnante« .
  • Médaille d’or : GONE WRONG, réalisé par Anne-Linh Jérôme, Ambre Butel, Roman Saunier, Maxime Arnould, Juliette Houël, Adrian Villeda, Alisson Colombe et Ylan Dinguidar de l’ESMA Montpellier. Une réflexion percutante sur l’addiction aux écrans et jeux vidéo. « C’est une prouesse en cinq minutes : une jeune femme attaquée par des zombies qui s’en sort avec espoir« , a expliqué la remettante, Iris Bucher. Deux des réalisateurs présents (Maxime Arnoud et Adrian Villeda) ont remercié famille et camarades pour cette année « compliquée ».

Remis par le compositeur François Liétout, le Prix de la meilleure musique est allé à la série EXTRA LUCIDE (réalisée par Bruno Merle), pour la composition « riche et protéiforme » du trio Eroina, Ruppert Pupkin et Arnaud Jollet.

Bruno Merle, récupère le Prix de la Meilleure Musique pour "EXTRA LUCIDE" - Ambivalent©
Bruno Merle, récupère le Prix de la Meilleure Musique pour « EXTRA LUCIDE » – Ambivalent©

Abdel Raouf Dafri, césarisé pour le scénario du film UN PROPHÈTE, a décerné le Prix du meilleur scénario à EXTRA LUCIDE, co-écrit par Emmanuel Salinger et Bruno Merle. « Ça a été un grand défi d’illustrer l’inconscient« , a confié Bruno Merle, pensant à sa co-scénariste absente.

Abdel Raouf Dafri remet le Prix du Meilleur Scénario à Bruno Merle pour "EXTRA LUCIDE" - Ambivalent©
Abdel Raouf Dafri remet le Prix du Meilleur Scénario à Bruno Merle pour « EXTRA LUCIDE » – Ambivalent©

Iris Bucher a remis le Prix de la meilleure série à L’AFFAIRE LAURA STERN, une œuvre collective sur les violences faites aux femmes, réalisée par Akim Isker. « Finesse, qualité de jeu, inventivité de la réalisation et force du propos », a souligné la productrice, évoquant l’impact émotionnel lors de la projection : des témoignages de victimes et de proches ont émergé, prouvant le pouvoir de la fiction pour « réveiller les consciences« .

Valérie Bonneton & Marie Kreme récupèrent le Prix de la Meilleure Série pour "L'AFFAIRE LAURA STERN" - Ambivalent©
Valérie Bonneton & Marie Kreme récupèrent le Prix de la Meilleure Série pour « L’AFFAIRE LAURA STERN » – Ambivalent©

Ophélia Kolb, Molière 2024 pour LA MÉNAGERIE DE VERRE, a couronné Valérie Bonnard de Prix de la meilleure interprétation pour son rôle de Laura dans L’AFFAIRE LAURA STERN. « Ce n’est pas un registre où on m’attend, et toutes les femmes de l’équipe sont dans ce personnage« , a déclaré l’actrice, émue.

Valérie Bonneton récupère le Prix de la Meilleure Interprétation pour "L'AFFAIRE LAURA STERN" - Ambivalent©
Valérie Bonneton récupère le Prix de la Meilleure Interprétation pour « L’AFFAIRE LAURA STERN » – Ambivalent©

Pascal Elbé, président du jury principal, a attribué le Prix du meilleur unitaire à APRÈS LA FIN, réalisé par Frédéric Lopez. Inspiré de sa rencontre il y a neuf ans avec Louis Derungs, amputé des deux bras à la suite d’une électrocution, ce film sur le handicap et la transformation a ému le public la veille. « C’est la douleur d’une partie de nous qui n’existe plus comme avant, mais qui compte encore beaucoup », a philosophé Louis Derungs qui joue son propre rôle dans ce poignant long métrage.

De gauche à droite : David Salles, Frédéric Lopez et Louis Derungs récupèrent le Prix du Meilleur Unitaire pour "APRÈS LA FIN" - Ambivalent©
De gauche à droite : David Salles, Frédéric Lopez et Louis Derungs récupèrent le Prix du Meilleur Unitaire pour « APRÈS LA FIN » – Ambivalent©

Enfin, le Prix du meilleur réalisateur est revenu à Aurélien Molas pour la série DEEP, saluée par Iris Bucher pour son « inventivité et sa créativité avec un budget modeste ». Le prix a été récupérée par une représentante de Ciné+ OCS, qui a produit la série.

Une représentante de Ciné+ OCS récupère le Prix du Meilleur Réalisateur destiné à Aurélien Molas pour "DEEP" - Ambivalent©
Une représentante de Ciné+ OCS récupère le Prix du Meilleur Réalisateur destiné à Aurélien Molas pour « DEEP » – Ambivalent©

Avant-première exclusive et horizons futurs
La soirée s’est prolongée avec une avant-première des deux premiers épisodes de la série UN PROPHÈTE, adaptation du film de Jacques Audiard par Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit. Accompagnés de Moussa Maaskri (l’un des comédiens principaux qui fêtait son anniversaire ce même soir), les auteurs ont évoqué les 15 ans de gestation du projet : « Du RMI à Cannes, en passant par des producteurs à l’ancienne comme Marco Cherqui. Aujourd’hui, on met en lumière des acteurs noirs et arabes dans un Marseille en mutation. ». Absent de la cérémonie, Mamadou Sidibé, qui incarne le rôle principal, a été découvert huit jours avant le tournage alors qu’il vendait des sandwiches à Marseille.

Nicolas Peufaillit, Moussa Maaskri et Abdel Raouf Dafri présentent la série Canal+ "UN PROPHÈTE" - Ambivalent©
Nicolas Peufaillit, Moussa Maaskri et Abdel Raouf Dafri présentent la série Canal+ « UN PROPHÈTE » – Ambivalent©

Stéphane Caput a mis un point final à la cérémonie d’une élégance sobre, saluant avec chaleur les lauréats, le jury impartial, la ville hôte de Sète et le consul d’Algérie, également présent à la soirée. Dans un élan prospectif, il a esquissé les contours de la troisième édition, prévue pour 2026, où l’intelligence artificielle s’invitera en guest star, explorant ses incursions audacieuses dans l’esthétique visuelle, les arcanes techniques et les trames narratives. C’est alors, en primeur absolue, que l’assistance, captivée, a pu visionner en exclusivité une bande-annonce de 90 secondes : celle d’une ambitieuse coproduction franco-algérienne en gestation, une série tissée autour du mythe envoûtant de Tin Hinan, façonnée avec le concours d’une IA comme muse inattendue. Un pari osé, pour le moins controversé, au cœur d’un parterre de maîtres de l’audiovisuel et d’apprentis des arts, où la machine effleure les frontières sacrées de la création.

Le Jury principal du festival avec, de gauche à droite : Pascal Elbé (président), Abdel Raouf Darfi, Ophélia Kolb, Iris Bucher et François Liétout
Le Jury principal du festival avec, de gauche à droite : Pascal Elbé (président), Abdel Raouf Darfi, Ophélia Kolb, Iris Bucher et François Liétout

Une édition confirmée, un avenir radieux
Sous les applaudissements nourris, la seconde édition de CreaTVty s’est achevée sur une note d’optimisme. Stéphane Caput, transpirant toujours autant de passion, a confié : « Deux ans, c’est l’âge des dents de lait, mais tout va bien ! ». Hervé Marquès l’a résumé : « C’est la famille de la création qui s’unit à Sète. » 

Le cap est déjà posé pour 2026, du 18 au 21 novembre : un festival qui, tel un astéroïde taquin mêlant ivresse ludique et ferveur engagée, persiste à scintiller comme une « petite étoile » espiègle dans le firmament audiovisuel français.