Deauville lève le rideau sur sa 52e édition, entre hommages et célébration de la liberté
Le Festival du Cinéma Américain de Deauville ouvre ce vendredi sa 52e édition, pour dix jours de projections, de rencontres et d’hommages, jusqu’au 13 septembre. Dans son éditorial, la directrice du festival Aude Hesbert situe cette année sous le signe d’une question : comment le cinéma raconte-t-il l’Amérique et le monde ? Une interrogation qui prend un relief particulier en cette année du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, célébrée en filigrane tout au long de la programmation.
Une compétition tendue entre ombre et tendresse
Treize longs métrages composent la Compétition officielle cette année, dont plusieurs premiers films portés par de jeunes cinéastes indépendants. Le jury, présidé par l’acteur et réalisateur Roschdy Zem, réunit notamment Simon Abkarian, Camille Chamoux, Cécile de France, Euzhan Palcy, Raphaël Personnaz, Lola Quivoron, l’écrivain Mohamed Mbougar Sarr et Laura Smet. Le jury de la Révélation, lui, est présidé par la chanteuse et comédienne Lio, entourée de Noée Abita, Marion Barbeau, Manon Clavel et Sayyid El Alami.
Parmi les treize films en lice figurent Company de Casey Affleck, The Liberation of Rita Cooper de Guy Nattiv, ou encore les premiers films A Prayer for the Dying de Dara Van Dusen, Club Kid de Jordan Firstman et Test de Sam McConnell. Le festival annonce une sélection qui explore aussi bien les forces obscures de la nature que les fractures d’une société américaine individualiste, entre amour, cruauté et tendresse.
Dix-huit films sont par ailleurs présentés en section Premières, parmi lesquels Bunker de Florian Zeller, L’Invitation d’Olivia Wilde, Her Private Hell de Nicolas Winding Refn, The Accompanist de Zach Woods ou Diamond d’Andy Garcia.
Quatre Séances Spéciales complètent le programme, dont une projection de Gremlins 2 : la Nouvelle Génération de Joe Dante.
Une soirée d’ouverture entre musique et hommage
La cérémonie d’ouverture, ce vendredi 4 septembre à 19h, sera marquée par une performance du pianiste et compositeur Sofiane Pamart, avant la remise de la Distinction Numérique de l’INA au président du jury Roschdy Zem et celle du Deauville Talent Award à Ethan Hawke. La soirée se conclura par la projection des Contrebandiers de Padraic McKinley, dans lequel l’acteur tient le rôle principal.
Cinq hommages pour une édition exceptionnelle
Le festival distinguera cette année six personnalités du cinéma américain :
- Ethan Hawke, Deauville Talent Award, remis lors de la soirée d’ouverture le 4 septembre, avant la projection des Contrebandiers. Une cabine de plage sera également inaugurée à son nom.
- Brendan Fraser, Deauville Talent Award, samedi 5 septembre, suivi de l’avant-première de Pressure d’Anthony Maras, film sur les trois jours précédant le débarquement de Normandie.
- Sophie Thatcher, Deauville Rising-Star Award, également samedi 5 septembre, avant la projection de Her Private Hell, qui marque le retour de Nicolas Winding Refn après dix ans d’absence.
- Faye Dunaway, Deauville Icon Award, mardi 8 septembre, en présence de Nicola Peltz Beckham.
- Susan Sarandon, Deauville Icon Award, jeudi 10 septembre, suivi de la projection de The Accompanist, premier film de Zach Woods.
- Patrick Schwarzenegger, Deauville Rising-Star Award, vendredi 11 septembre, avant l’avant-première de Bunker de Florian Zeller, en présence du réalisateur.
Catherine Deneuve dévoile son « cinéma américain »
Temps fort de cette édition, la comédienne Catherine Deneuve se prêtera le samedi 12 septembre à une carte blanche intitulée « Mon cinéma américain ». Aux Franciscaines, à 14h30, elle évoquera sa relation au cinéma des États-Unis et partagera ses films préférés, lors d’une conversation animée par le journaliste Loïc Prigent.
250 ans d’Amérique racontés par le cinéma
La rétrospective Once Upon a Time (in) America propose un parcours en quinze films à travers deux siècles et demi d’histoire américaine, de La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin (1925) à Here de Robert Zemeckis (2024), en passant par Les Raisins de la colère de John Ford, Full Metal Jacket de Stanley Kubrick, Selma d’Ava DuVernay ou Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese. Chaque projection sera présentée par une personnalité invitée, parmi lesquelles Pete Doherty, Vincent Pérez, Damien Bonnard, Ava Cahen ou Martin Bourboulon.
Six documentaires seront également proposés dans la section American Doc Stories, dont Faye, consacré à Faye Dunaway et réalisé par Laurent Bouzereau, ou Dernsie: The Amazing Life of Bruce Dern.
Prix, industrie et partenaires
Le Prix d’Ornano-Valenti, qui récompense un premier film français, sera remis à La Gradiva de Marine Atlan lors de la Cérémonie du Palmarès, le 12 septembre. Le Prix Lucien-Barrière du Roman américain distingue quant à lui l’écrivaine Siri Hustvedt pour Ghost Stories.
Autre nouveauté, le Prix des Voyageurs Air France, décerné pour la première fois à Deauville, sans jury, sur la base des données de visionnage à bord des avions de la compagnie, récompensera Vie Privée de Rebecca Zlotowski, présenté l’an dernier au festival. Le festival poursuit également le développement de ses Deauville Industry Days, deuxième édition consolidée d’un rendez-vous professionnel destiné à favoriser les échanges entre les industries cinématographiques française et américaine, sur fond d’engouement croissant pour ce que le milieu du cinéma surnomme désormais « Frollywood », l’installation en France de tournages et de cinéastes américains.
Entre premiers films, hommages aux grandes figures d’Hollywood et relecture de l’histoire américaine par le septième art, cette 52e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville s’annonce comme l’un des rendez-vous majeurs de la rentrée cinématographique, porté par le fil rouge de la liberté et par l’amitié cinématographique qui unit la France et les États-Unis depuis un demi-siècle.
Le Festival du Cinéma Américain de Deauville se déroule du 4 au 13 septembre 2026.
Infos et réservations : www.festival-deauville.com