[Interview] Alexis Michalik
Alexis Michalik est de ceux qui refusent de choisir. Entre écrire et mettre en scène, entre le théâtre et le cinéma, entre la scène et la page blanche. Il avance à son rythme, une pièce tous les trois ans, des vacances assumées, et la conviction profonde que la créativité se nourrit de ce constant passage d’une discipline à l’autre. Ce qui ne l’empêche pas, quand un projet lui en donne vraiment envie, d’enfiler le costume d’acteur. Dans Intraçables, disponible sur Prime Video, il incarne David, figure centrale et pourtant absente : mort avant le début de l’histoire, il n’existe qu’à travers les souvenirs de ceux qui l’ont aimé, apparaissant par fragments, par bribes de mémoire. Face à lui, ou plutôt sans lui, Sofia Essaïdi porte la série dans le rôle de Giulia, femme dévastée par ce deuil impossible, contrainte de disparaître des radars pour sauver sa peau et celle de son fils. C’est d’ailleurs la mécanique de la série qui a convaincu Alexis Michalik d’accepter le rôle : lire les scénarios épisode après épisode en voulant toujours connaître la suite. Pour quelqu’un qui a construit toute sa carrière sur l’art de tenir le spectateur en haleine, c’était déjà une forme de réponse. Et un signe qu’il était au bon endroit.
En 2003, vous êtes admis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, et vous choisissez de ne pas y entrer. C’était un pari risqué à vingt ans. Vous aviez peur ?
C’est un peu un raccourci. Il y avait plusieurs raisons, mais surtout l’envie de travailler. J’avais déjà fait des études, je voulais aller faire des tournages, tenter ma chance plutôt que retourner sur les bancs de l’école. Et c’est à la suite de ça que j’ai monté mon premier spectacle. Est-ce que j’avais peur ? Il faut se remettre dans le contexte : à vingt ans, on n’a pas grand-chose à perdre. J’avais peur de l’échec, bien sûr, mais j’étais très motivé et gros bosseur. Je gagnais ma vie en tant que comédien, et c’était déjà une grande victoire. Je ne pensais absolument pas que monter ce premier spectacle allait me mener à devenir metteur en scène.
Votre compagnie s’appelle Los Figaros, du nom de votre première création à Avignon. Qu’est-ce que le Festival Off d’Avignon vous a appris que nulle école n’aurait pu vous enseigner ?
Le Off, c’est un concentré d’apprentissage de la pratique théâtrale à tous les niveaux : artistique, économique, rapport au public, rapport à la communication. On amène un spectacle, on loue une salle, et on doit faire venir du public. Il faut aller tracter, convaincre les gens dans la rue que votre spectacle va leur correspondre. S’ils viennent, ils paient leur place. Si on remplit, on rembourse les frais. Et en parallèle, il faut faire venir des professionnels susceptibles de programmer et d’acheter le spectacle. En un mois, j’ai appris plus sur le fonctionnement du théâtre, et sur comment vivre du théâtre en créant ses propres spectacles, qu’en vingt ans.
Le Porteur d’histoire, Le Cercle des illusionnistes, Edmond… Vous avez une façon très particulière d’imbriquer les récits, les époques, les voix. D’où vient cette passion pour les histoires dans l’histoire ?
J’ai toujours aimé qu’on me raconte des histoires, lire, aller voir des films, des séries, des BD. Et je suis heureux, en tant que spectateur, quand je suis surpris : quand l’histoire me prend par la main et m’emmène à un endroit que je n’imaginais pas, quand je ne vois pas venir le twist. Comme je suis le premier spectateur de mes propres spectacles, j’essaie de faire en sorte que le public arrive au théâtre sans aucune idée de comment ça va se terminer. Je veux le surprendre en permanence, lui apporter du rythme, des retournements. Mais à la fin, il faut que tout fasse sens. On peut surprendre les gens sans arrêt, mais si au bout du compte ça ne tient pas, j’ai un sentiment de frustration. En revanche, quand tout se connecte, quand on a l’impression que ça valait la peine d’être attentif, il y a une vraie gratification : le sentiment d’avoir fait un voyage.

Y a-t-il des cinéastes ou des auteurs qui pratiquent ce même art du récit à tiroir et que vous admirez particulièrement ?
Il y en a beaucoup. Je vais citer Wajdi Mouawad : sa trilogie Littoral, Incendies, Forêts m’a beaucoup inspiré à écrire. Christopher Nolan adore ça, Hitchcock aussi. Tarantino, à sa manière, emmène souvent ses récits dans des directions totalement inattendues. Ce sont souvent les créateurs que je suis avec le plus de plaisir. Les séries aussi : 24 heures chrono, c’était que des twists. Game of Thrones avait ça également. J’adore être embarqué dans une histoire dont je ne connais pas du tout la fin.
Ces références sont souvent des productions à grande échelle. Est-ce que vous êtes sensible au spectaculaire ?
Pas forcément. Festen, c’était tourné avec un caméscope, mais l’histoire est tellement forte qu’elle vous emmène dans des détours incroyables. Et ma pièce Le Porteur d’histoire, c’est cinq acteurs sur un plateau sans décor. Ce n’est pas le coût de production qui m’importe : c’est la force de la narration.
Vous écrivez, mettez en scène, jouez, réalisez, publiez des romans. Est-ce que vous dormez ?
Je dors très bien et je prends beaucoup de vacances (rires). Ça surprend souvent les gens quand je dis ça, mais j’écris une pièce tous les trois ans. Je prends vraiment le temps de laisser mon imagination se ressourcer, de décider quelle histoire j’ai envie de porter. La chance que j’ai, c’est de n’avoir eu, jusqu’à maintenant, aucun projet de commande. Je crée uniquement les histoires que j’ai envie de voir sur scène, au cinéma ou dans un livre. Je ne suis soumis à aucun autre calendrier que celui de mon désir. C’est une liberté rare.

Que se passe-t-il pendant ces trois ans entre deux pièces ? Comment vivez-vous avec une œuvre une fois qu’elle est sortie ?
Mes spectacles ont la chance de durer longtemps : un an d’exploitation parisienne, puis une tournée, parfois plusieurs années. Donc je me fixe naturellement un horizon. Passeport a été créée en janvier 2024, je me suis dit que la suivante serait pour janvier 2027, sauf si l’inspiration arrive avant. Mais je ne me mets pas de pression. La pièce continue de vivre : il y a de nouveaux acteurs à former, de la presse, des équipes à accompagner. Et j’ai un vrai soulagement après la première, quand ça fonctionne. Je me dis : je suis tranquille pour un moment. Cela dit, entre les deux, il peut très bien y avoir un film, un rôle d’acteur. Je ne me ferme aucune porte.
Votre roman, Loin , est un road trip vers l’Europe de l’Est et une quête des origines. Écrire de la prose, seul face à une page blanche, sans plateau ni acteurs, c’est une solitude radicalement différente. Comment vous y êtes-vous mis ?
L’écriture est toujours assez solitaire, quelle que soit la forme. Pour une pièce ou un scénario, je pars en général trois semaines pour écrire une première version. Pour le roman, ça a pris trois ans, en avançant par épisodes de dix ou quarante pages dès que j’avais du temps. Mais ce que j’ai réalisé, c’est que dans l’écriture d’un roman, quand on a fini, on a fini. Tout reste très solitaire, même la promotion. Or, moi, j’aime que l’écriture soit le début d’une aventure collective : une troupe, des répétitions, un plateau. Dans un roman, il n’y a pas ce moment où on vit le succès ou les doutes ensemble. Je suis un animal de troupe. Écrire seul, c’est bien, mais ce n’est pas ce qui me nourrit le plus.
Vous avez joué dans Kaboul Kitchen, Versailles, Les Trois Mousquetaires et maintenant Intraçables. Quand vous êtes acteur sous la direction de quelqu’un d’autre, vous arrivez à lâcher prise, ou le metteur en scène en vous observe et juge en permanence ?
Il faudrait demander aux réalisateurs (rires). Mais non, au contraire, c’est un plaisir de n’être que l’acteur. J’adore me mettre au service de la vision de quelqu’un d’autre. Sur Intraçables, Louis Farge m’a bluffé. Malgré son jeune âge, c’est un réalisateur d’une précision et d’une anticipation remarquables, avec une vraie discipline technique. Ça allait vite, c’était efficace, les plans étaient de qualité. J’adore quand on ne perd pas de temps. C’était un vrai bonheur, et j’ai beaucoup appris simplement en l’observant travailler.

Y a-t-il un rôle que vous avez joué et dont vous n’êtes jamais vraiment sorti, un personnage qui a continué à vous habiter longtemps après le dernier soir ?
Pas un en particulier, mais depuis quelques années, on me propose souvent des méchants, des pervers narcissiques, des personnages odieux. Ce sont souvent les meilleurs rôles : c’est très jouissif pour un acteur de s’en donner à cœur joie. Mais comme dans la vie je n’ai pas vraiment l’impression d’être une horrible personne, je laisse le personnage au vestiaire en rentrant chez moi. Je m’en amuse comme on jouerait un méchant de Disney. Le rôle qui m’est le plus souvent rappelé, même dix ou quinze ans après, c’est le photographe de Kaboul Kitchen. Une série que j’adorais tourner, un peu culte à l’époque. Et déjà, je jouais un photographe un peu connard (rires).
Et à l’inverse, y a-t-il un rôle que vous avez refusé et que vous regrettez ?
Pas vraiment. On ne me propose pas non plus des choses en permanence. Et aujourd’hui, comme je n’ai pas de besoin financier particulier à aller jouer, j’y vais uniquement quand un projet me donne vraiment envie. Sur Intraçables, j’ai lu les scénarios et à chaque épisode, je voulais connaître la suite. La mécanique fonctionnait terriblement bien, peu importait l’importance de mon rôle : j’avais envie de faire partie de cette aventure. Quand je décline quelque chose, c’est simplement parce que je me dis que ça rendra un autre acteur plus heureux que moi.
Vous avez connu des succès populaires massifs au théâtre, avec des pièces jouées des centaines de fois. Qu’est-ce que le public vous a appris sur vos propres œuvres, des choses que vous n’aviez pas vues en les écrivant ?
Tout. Le public, c’est un avis neutre et infaillible. Quand il remplit la salle, il a raison. Quand il boude, il a raison aussi. Je l’écoute vraiment. Je fais venir du public très tôt dans le processus, dès les répétitions, pour observer les réactions, poser des questions, sonder. Et plus les répétitions avancent, plus le nombre de spectateurs augmente. En général, quand arrive la première, les retours ont déjà bien orienté mes rééecritures. Je ne suis pas souvent surpris par les réactions de la première.

Le succès peut devenir un piège : on attend de vous que vous reproduisiez la même formule. Comment vous en protégez-vous ?
Dès le deuxième spectacle, après le succès inattendu du Porteur d’histoire, je me suis dit qu’il ne fallait surtout pas reproduire la même chose. On allait forcément comparer, donc il fallait faire quelque chose de radicalement différent. Le Porteur d’histoire était très narratif et épuré , alors j’ai fait Le Cercle des illusionnistes très visuel, autour de la magie et du cinéma. Depuis, c’est devenu un principe. Après trois spectacles historiques, j’ai voulu quelque chose d’hyper contemporain : c’est Intra Muros. Ensuite, un mélo que je n’avais jamais tenté : Une histoire d’amour. Puis une pièce franchement politique avec Passeport, parce qu’on me disait souvent que je ne faisais pas de théâtre politique. La prochaine sera encore autre chose. J’essaie toujours d’aller vers des zones que je n’ai pas encore explorées.
Est-ce une stratégie consciente pour ne jamais être enfermé dans une case, ou vous vous ennuyez simplement vite ?
Les deux, sûrement. Mais surtout, c’est pour garder le nerf de la créativité intact. Si le sujet, le genre et l’univers n’ont rien à voir avec ce que j’ai fait juste avant, je pars forcément vers quelque chose de neuf. C’est ce qui me permet de continuer à me renouveler.
Votre père est peintre, votre mère est traductrice, deux métiers de transmission et d’interprétation. En quoi êtes-vous leur fils dans ce que vous faites ?
J’ai pris beaucoup d’eux, mais à des endroits pas toujours évidents. De mon père, j’ai pris l’égo d’artiste, le perfectionnisme, l’envie de bien faire, le goût du travail. C’est clairement lui. Mais de ma mère, je crois que j’ai pris l’intelligence humaine, la générosité, l’amour des grandes tablées et du collectif. Mon père est un artiste solitaire ; ma mère adore organiser, avoir du monde autour d’elle. Et je pense que mon amour de la troupe vient beaucoup plus d’elle. Ce que je réalise aussi avec le recul, c’est qu’ayant grandi dans un environnement ouvert à la création, je n’ai jamais eu à me battre pour légitimer le choix d’un métier artistique, là où beaucoup de mes amis ont dû convaincre leurs parents. Ça m’a fait gagner des années. Leur seule boussole pour mon frère et moi, c’était : faites quelque chose qui vous épanouisse. C’est déjà extraordinaire.

Si vous deviez ne garder qu’une seule chose : écrire, mettre en scène, jouer ou réaliser, laquelle choisiriez-vous ?
Aucune. Ce que je choisis, c’est précisément la liberté de ne pas choisir, et c’est ça qui est génial. Ce qui me rend profondément heureux, c’est de passer de l’une à l’autre : le plaisir d’accoucher d’une nouvelle pièce, d’un roman, d’un scénario ; puis celui du chef de troupe qui choisit son équipe et passe deux mois en répétition ; puis celui de l’interprète qui met son sens des responsabilités de côté pour se mettre au service d’un projet, observer un réalisateur, croiser de futurs collègues. C’est ce cumul des plaisirs qui fait que je ne veux pas choisir.
La série Intraçables est une coproduction franco-suisse, avec des auteurs suisses. Avez-vous senti une sensibilité particulière dans l’écriture ou dans la façon de raconter les histoires ?
Oui et non. C’est un scénario qui, s’il est suisse, est surtout très américain dans sa construction. Mais c’est peut-être justement le fait que ce soit suisse qui a permis cette liberté : les paysages, la nature, et le côté thriller hyper assumé, ce sont des choses que nous, Français, avons parfois du mal à nous autoriser. Là, ça va dans les grandes largeurs, mais avec finesse et intelligence. Il y a une patte très particulière dans cette série : quelque chose d’américain dans le rythme et la façon de filmer, jusque dans le choix des voitures, et pourtant ce n’est jamais du mauvais doublage. Il y a une identité suisse bien réelle, les montagnes, le froid, Genève, et une équipe franco-suisse qui aurait pu donner un mauvais mélange. Le résultat est très réussi.
Votre personnage, David, est mort dès le début de la série et n’apparaît qu’à travers des flashbacks. Quelle a été votre méthode de travail pour jouer quelqu’un dont l’existence est fragmentée entre plusieurs temporalités ?
Je n’avais pas besoin d’une méthode très élaborée. J’ai appris mon texte, travaillé le personnage, et sur le plateau, je me suis laissé guider par Louis Farge, le réalisateur. Il y avait deux grandes périodes à jouer. La première, c’est le père un peu idéal, lumineux, heureux. On a commencé par ces séquences, ce qui a d’ailleurs fait du bien à Sofia Essaïdi, qui sortait d’un tournage de scènes très sombres. Et puis il y a la deuxième période, où les failles du personnage apparaissent. C’était tellement bien écrit que je me suis simplement laissé porter. Je suis plutôt bon élève : j’arrive préparé, et ensuite, tout se fait sur le plateau.

La série pose une question très concrète : peut-on encore disparaître à l’ère du tout-numérique ? Est-ce une question qui vous préoccupe, vous qui êtes à la fois auteur, homme public et, de votre propre aveu, accro à la technologie ?
Non, on ne peut pas dire que ça m’obsède. C’est une question que je me pose, mais je ne suis pas angoissé de nature, ni par les grandes questions de société, ni par l’actualité. Je prends les choses avec beaucoup de distance. C’est plus un sujet que j’observe de l’extérieur, en me demandant comment ça va évoluer, qu’une source d’inquiétude personnelle
Intraçables est une mini-série fermée en six épisodes. Est-ce un format qui vous correspond mieux qu’une série ouverte, pensée pour durer ?
Honnêtement, j’étais plutôt partisan d’une saison 2. Je plaidais pour qu’on laisse la porte ouverte, mais les auteurs et la production étaient catégoriques : c’est une histoire bouclée, point. Je disais « Oui, bien sûr, mais on ne sait jamais si ça marche… » (rires). Je re-signerais demain pour une deuxième saison. Cela dit, c’était vraiment conçu comme un tout fermé, et c’est très bien comme ça.
Le fait qu’Intraçables soit diffusée sur Prime Video, une plateforme mondiale, change-t-il quelque chose à votre façon de jouer ou à l’audience que vous espérez toucher ?
Pas du tout. Que ce soit pour Netflix, Amazon, France Télévisions, M6 ou le cinéma, on joue de la même façon. On a un texte, un réalisateur, des partenaires de jeu. L’essentiel, c’est d’être sincère. C’est peut-être une vision naïve, mais le plaisir du jeu passe avant tout le reste.

Si vous deviez, comme Giulia dans la série, devenir « intraçable » et couper tout lien numérique, quelle serait la première chose que vous abandonneriez, et la dernière à laquelle vous vous accrocheriez ?
La première chose que j’abandonnerais, ce serait mon téléphone, même si le sevrage serait douloureux : c’est abandonner aussi des photos, des souvenirs, des chansons, toute une mémoire accumulée. C’est comme jeter un énorme élan de nostalgie. Mais ce que j’aurais le plus de mal à quitter, ce serait les gens. Dire au revoir à ses amis, à ceux qu’on aime : ça, c’est le plus difficile. Au fond, c’est l’humain qui est le plus dur à perdre.
Après toutes ces interviews données ces dernières années, quelle est la question qu’on ne vous pose jamais et à laquelle vous aimeriez pourtant répondre ?
La question qu’on adore, c’est justement celle à laquelle on n’a jamais répondu. Donc par définition, on ne sait pas ce que c’est. Quand on fait une tournée de promo, il y a toujours les mêmes dix questions d’une ville à l’autre, et on doit y répondre comme si c’était la première fois. Alors quand quelqu’un pose une question qu’on n’a jamais entendue, on est vraiment content : on peut répondre sans se souvenir de ce qu’on a déjà dit.
Peut-on vous imaginer bientôt de retour derrière une caméra pour un long métrage ?
Oui, bien sûr. Le prochain projet sera très probablement une pièce, mais il y a des choses que je prépare en parallèle. Et si je refais un film, ce ne sera pas l’adaptation d’une de mes pièces : ce sera quelque chose d’entièrement original. J’ai simplement envie de créer du neuf.