« Le book club des cœurs solitaires » de Lucy Gilmore : quand les livres réparent les âmes

Couverture "LE BOOK CLUB DES CŒURS SOLITAIRES" de Lucy Gilmore - Eyrolles©
Couverture "LE BOOK CLUB DES CŒURS SOLITAIRES" de Lucy Gilmore - Eyrolles©

Paru le 18 septembre 2025 chez Eyrolles, le nouveau roman de Lucy Gilmore célèbre la lecture comme un acte de résistance face à la solitude. Entre humour, tendresse et mélancolie, LE BOOK CLUB DES CŒURS SOLITAIRES s’impose comme une ode à la littérature du réconfort.

Une bibliothécaire, un vieil homme et une idée folle
Dans une petite ville sans histoire, Sloane Parker mène une existence réglée comme du papier à musique. Bibliothécaire consciencieuse, elle trouve dans l’ordre de ses rayonnages une manière d’échapper à la grisaille de ses jours. Jusqu’à ce qu’un habitué pas comme les autres bouleverse sa routine : Arthur McLachlan, un octogénaire aussi bougon qu’érudit, dont les visites quotidiennes deviennent vite un rituel.

Lorsque le vieil homme cesse soudain de venir à la bibliothèque, Sloane s’inquiète. Elle le retrouve affaibli, isolé, presque oublié. Pour lui redonner goût à la vie, elle lance un projet un peu fou : un club de lecture pour les âmes esseulées. Ce book club des cœurs solitaires devient vite un refuge pour les laissés-pour-compte de la ville, un lieu où les livres réparent autant qu’ils rassemblent.

Le pouvoir doux des mots
Lucy Gilmore, autrice américaine déjà remarquée pour ses comédies sensibles, délaisse ici la romance pure pour un récit plus introspectif. Sous une apparente légèreté, elle interroge les liens invisibles qui se tissent entre des êtres cabossés par la vie.

Chaque personnage trouve, à travers la lecture, une façon de se dire, de s’ouvrir. Le roman devient alors une méditation sur le pouvoir des histoires : celles qu’on lit, mais aussi celles qu’on se raconte pour continuer à avancer. « Les livres ne guérissent pas les blessures. Ils nous rappellent seulement que nous ne sommes pas seuls à les porter. » Cette phrase de l’autrice pourrait résumer tout le projet du roman.

Une écriture entre mélancolie et bienveillance
Sans effets spectaculaires, Lucy Gilmore séduit par la justesse de son ton. Sa plume, à la fois simple et précise, capte la poésie du quotidien : une tasse de café partagée, une conversation au détour d’une allée de bibliothèque, un silence qui dit plus que des mots.

Le rythme est volontairement lent, parfois contemplatif. Mais c’est dans cette lenteur que se loge l’émotion. LE BOOK CLUB DES CŒURS SOLITAIRES appartient à cette lignée de romans dits feel good, mais sans mièvrerie. On y trouve des blessures, des regrets, des élans d’espoir — jamais de faux-semblants.

Un roman pour les lecteurs qui aiment les lecteurs
Difficile de ne pas penser à LE CERCLE LITTÉRAIRE DES AMATEURS D’ÉPLUCHURES DE PATATES ou à LA BIBLIOTHÈQUE DES RÊVES SECRETS. Comme eux, le roman de Lucy Gilmore s’adresse à ceux pour qui les livres sont plus qu’un passe-temps : un moyen de comprendre le monde et de se relier aux autres.

Ce book club fictif pourrait être le nôtre : celui des lecteurs solitaires, des rêveurs discrets, de ceux qui trouvent dans les pages d’un roman un écho à leur propre fragilité.

Un baume littéraire
Ni grand drame, ni comédie pure, LE BOOK CLUB DES CŒURS SOLITAIRES est avant tout un roman sur la présence — celle que les livres savent offrir quand le reste fait défaut. C’est une lecture tendre, lumineuse, qui rappelle que les histoires ne changent peut-être pas le monde, mais qu’elles peuvent changer une vie. Lucy Gilmore signe ici une œuvre délicate et réconfortante, un roman à offrir — ou à s’offrir — quand le silence devient trop lourd.