[Interview] Ophélia Kolb : la force douce

Ophélia Kolb - Ambivalent©
Ophélia Kolb - Ambivalent©

Révélée au grand public par la série à succès DIX POUR CENT, Ophélia Kolb s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus attachantes de sa génération. Entre théâtre, cinéma et télévision, elle poursuit un parcours éclectique, marqué par des rôles toujours justes, où se mêlent sensibilité, humour et engagement, notamment dans LA PETITE HISTOIRE DE FRANCE ou, plus récemment, dans la série PANDA. De passage au festival CreaTVty, où elle officiait en tant que membre du jury, nous l’avons rencontrée pour une interview express. L’occasion d’évoquer avec elle ses choix de carrière et ses attentes.


Née de parents artistes – mère marionnettiste, père metteur en scène et directeur de théâtre –, ce milieu a-t-il influencé votre choix de carrière ?
Complètement ! C’est même mes parents qui m’ont poussée à faire ça, parce que je ne savais pas trop quoi faire de ma vie…


Aviez-vous considéré une alternative de repli ?
Oui, j’aurais bien aimé visiter les fonds maris avec le commandant Cousteau, parce que j’étais complètement dingue de ses émissions quand j’étais petite. J’avais tous ses livres et je l’avais même rencontré. J’étais complètement fan de lui. Finalement, je n’ai pas pu.


Avez-vous déjà envisagé une collaboration avec vos parents artistes ?
Non, jamais, et je ne pense pas que ça se fera un jour. C’est chacun de son côté. C’est un choix.


Malgré vos expériences antérieures, c’est la série DIX POUR CENT qui vous a révélée au grand public, en 2015. Cette série a-t-elle marqué un avant et un après dans votre carrière ?
Oui, bien sûr ! Je pense que tous les acteurs et actrices de DIX POUR CENT ont ressenti ça. Faire une série qui a un succès aussi phénoménal, même à l’étranger, on ne s’y attendait pas du tout. On a toujours très envie de faire un succès, je pense. Du coup, ça nous a tous aidés pour l’après, pour la suite. Dans une vie, c’est rare d’avoir un succès comme ça.


Quand sent-on que le vent tourne lors de la production d’une série comme celle-ci ?
Quelques mois après la diffusion, on se rend compte qu’on a des propositions différentes et qu’on peut faire des choix, et c’est vraiment un grand luxe dans ce métier, de pouvoir choisir. Je dirais donc qu’après la première vague de diffusion, il s’est passé quelque chose qui aide et qui donne un gros coup de pouce, mais le vent n’a pas tourné. C’est toujours des hauts et des bas, ce métier.

Ophélia Kolb - Ambivalent©
Ophélia Kolb – Ambivalent©

Avez-vous le sentiment que cette série, par son rayonnement persistant, est celle dont on vous parle le plus ?
Oui, on me parle énormément de la série DIX POUR CENT, alors que ce n’est pas l’endroit où j’ai passé le plus de temps. On me parle aussi beaucoup de LA PETITE HISTOIRE DE FRANCE, et ça, j’en suis très fière aussi. J’ai commencé à faire LA PETITE HISTOIRE DE FRANCE exactement en même temps que DIX POUR CENT. J’allais d’un plateau à l’autre. On me parle beaucoup des ces deux séries. Les deux, pourtant, je les ai faites il y a des années, mais ça fait toujours plaisir. C’est des rôles très importants. Mon personnage de Colette dans DIX POUR CENT a été vraiment très important, je le vois, pour toute une communauté, pour plein de femmes qui m’ont beaucoup écrit. Je sens qu’il s’est passé quelque chose avec ce rôle sur une chaîne du service public, à une heure de grande écoute. J’en suis reconnaissante à Fanny Herrero, l’autrice qui est à la base de la série. Je serai éternellement reconnaissante envers elle.


Pour conclure sur DIX POUR CENT, où en est cette suite tant évoquée ces derniers temps ?
Elle est en tournage…


Serez-vous de l’aventure ?
Oui… (rires).


La notoriété amenée par la télévision peut-elle, parfois, être un poids au quotidien ?
Non, pas du tout. Moi, je trouve ça plutôt très agréable. Et puis, je n’en suis pas au point où je ne peux pas être tranquille dans la rue. Je suis plutôt très heureuse de cette notoriété. Je vois les gens qui sont très heureux de me voir « en vrai », comme ils disent, de faire des photos, de parler un peu avec moi, d’échanger. C’est un bonheur total pour moi quand ça arrive, parce que ça veut dire que ce qu’on fait a plu aux gens, et qu’ils ont été touchés par ce qu’on a essayé de leur raconter, donc c’est plutôt une belle reconnaissance.


Bénéficiez-vous également d’une reconnaissance internationale, avec des sollicitations venues de l’étranger ?
Oui, un petit peu, mais pas tant que ça. C’est surtout en France. Là, je viens de faire une série en Suisse dans laquelle j’ai dû parler en anglais, et j’ai adoré ça ! En jouant en anglais, il y a d’autres choses qui se passent dans le cerveau. Après, pourquoi pas jouer dans d’autres langues ? Je ne suis pas proactive là-dedans. Mon but dans la vie, c’est juste de raconter des histoires qui me plaisent.

Ophélia Kolb - Ambivalent©
Ophélia Kolb – Ambivalent©

Vous excellez au cinéma comme dans les téléfilms et les séries, sans pour autant délaisser le théâtre. Cela vous tient-il particulièrement à cœur ?
Oui, c’est très important pour moi, parce que je viens de là, j’ai grandi dans des théâtres avec mes parents. Quand j’ai commencé à faire ce métier, je pensais que je n’allais faire que du théâtre. Le cinéma, les séries, c’est venu à moi comme ça, mais moi, ce que je pensais faire, c’était du théâtre. J’aime vraiment ça, et je me sens vraiment chez moi sur les planches, donc je n’arrêterai jamais, je ferai toujours du théâtre. On me propose beaucoup de textes que j’accepte comme je peux ou comme je veux, parce qu’il faut faire des choix, mais moi, j’ai très envie de continuer à faire du théâtre.


Pourtant, beaucoup de comédiens abandonnent le théâtre au profit de la télévision ou du cinéma…
Parce que ça prend beaucoup de temps, le théâtre. Une série, on la tourne en quelques semaines. Le théâtre, ça prend un à deux ans.


Observez-vous un snobisme professionnel envers les acteurs de séries ou de comédies ?
Alors moi, j’ai adoré le discours de Franck Dubosc au César, l’année dernière. Il était extraordinaire et faisait du bien. Au César, parfois, il y a des gens qui se permettent de le dire. Depuis les années 90, quand j’étais petite ou ado, je me souviens déjà de gens qui disaient que la comédie était soi-disant un sous-genre, alors que moi, je ne trouve pas du tout. Ce qu’il y a de plus dur, c’est de faire rire. C’est tellement dur ! Et puis, on se prend tellement de trucs dans le visage quand on ne fait pas rire, c’est terrible !


Ce manque de considération envers les acteurs de télévision influence-t-il vos choix, comme accepter un projet TF1, malgré vos racines théâtrales ?
Non, parce que j’essaie de faire vraiment de tout. Pa exemple, j’ai joué dans AMANDA de Mickaël Hers, qui est vraiment un film d’auteur et après, j’ai fait LA PETITE HISTOIRE DE FRANCE à côté, puis PANDA


Avez-vous un rôle de rêve ?
Non, je rêve tout le temps de la place où je ne suis pas (rires). Par exemple, si je fais de la comédie, j’aimerais faire du drame. Si je fais un film d’action, j’aimerais faire une rom-com. Je n’ai pas de rôle idéal. En fait, je suis rarement à la base de mes projets. Quand on me propose des choses, c’est « oui » ou c’est « non », parce que je suis touchée ou pas. Je suis plus « au service de », donc plutôt ouverte.