[Interview] Lou Lampros

Lou Lampros - CHANEL©
Lou Lampros - CHANEL©

De retour sur la Croisette, Lou Lampros fait partie des 10 to Watch sélectionnés par Unifrance pour 2025. À seulement 24 ans, la jeune actrice confirme son statut de révélation du cinéma français. L’an dernier déjà, elle illuminait Cannes dans Vivre, mourir, renaître de Gaël Morel, où elle tenait le rôle principal aux côtés de Victor Belmondo et Théo Christine. Après des débuts remarqués dans Madre de Rodrigo Sorogoyen et des apparitions chez Wes Anderson ou Emmanuelle Bercot, Lou Lampros incarne avec sensibilité et maturité une nouvelle génération d’actrices françaises. Rencontre express avec ce « talent à surveiller ».

Vous faites partie des « 10 To Watch » d’Unifrance cette année. Que représente cette sélection pour vous ?
C’est un honneur ! C’est comme ça que tout commence, en étant « watched ». Alors… watch us ! (rires)

Cela fait déjà quelques années que vous travaillez. À quel point est-il important d’être vue et remarquée dans ce métier ?
Pour le coup, c’est la chose la plus importante : être regardée. La rencontre avec un metteur ou une metteuse en scène commence souvent par un premier regard. Être un peu dans la lumière fait partie de notre travail.

Vous étiez à Cannes l’an passé avec Vivre, mourir, renaître de Gaël Morel. Est-ce un game changer dans votre carrière ?
Carrément !

Y a-t-il eu un avant et un après ce film ?
Je ne sais pas encore, j’espère. C’est marrant parce que l’avant/après ne se fait souvent pas si rapidement que ça, c’est plutôt étiré dans le temps. L’expérience a été hyper intense. Je ne me rends pas encore vraiment compte, mais l’aventure a été extrêmement puissante. C’est un mélodrame, et tout était intense autour de ce film. Qu’il ait touché autant de monde ne m’étonne pas. Quand j’ai lu le scénario la première fois, j’ai été tellement bouleversée… Il y a un endroit où la vie du film m’émeut autant que, j’espère, il a ému les spectateurs.

Y a-t-il un réalisateur ou une réalisatrice dont vous avez découvert l’œuvre à Cannes et qui vous a particulièrement marquée ?
Oui, Joachim Trier, qui est d’ailleurs à Cannes cette année avec un film que je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller voir, mais que je rattraperai. J’ai une vraie obsession pour lui. J’adore Julie en 12 chapitres, mais surtout Oslo, 31 août. Ce film est incroyable !

Quelles ont été vos projections les plus marquantes jusqu’à présent ?
Il n’y a pas si longtemps, au Festival de Biarritz, j’ai vu Tatami et j’ai été bouleversée. La réalisatrice et le réalisateur étaient présents, c’était un moment très fort. J’ai aussi vu Triangle of Sadness à Cannes, qui avait été un moment fameux. Et puis la première fois que je suis venue ici, avec De son vivant d’Emmanuelle Bercot. C’était l’une des premières fois où je me voyais vraiment à l’écran. Le voir dans la salle du Grand Théâtre Lumière, avec Catherine Deneuve assise à seulement deux sièges de moi, c’était un moment incroyable.

Avez-vous des envies précises de rôles ou, au contraire, des rôles que vous ne voudriez surtout pas jouer ?
C’est plus simple de savoir ce qu’on n’aimerait pas jouer. Pour le reste, il y a tellement de choses mystérieuses dans ce métier. On ne peut jamais vraiment savoir qui sera la prochaine personne qui fera naître quelque chose en nous. Tout passe d’abord par le lien avec un metteur ou une metteuse en scène, donc c’est difficile de se projeter. Ce dont je suis sûre, c’est que je ne veux pas devenir un produit. J’ai tellement d’admiration pour mon métier que je fuirai toute ma vie le fait d’être un produit commercial. J’ai envie de tourner tout le temps. Soit je tourne beaucoup, soit je fais des films très longs, des épopées… Je suis quelqu’un de très physique, j’ai énormément d’énergie. Là je me contrôle, mais si je pouvais bouger dans tous les sens, je le ferais (rires).